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Pour les grèves solidaires
Par plus de 200 signataires dont Etienne Balibar, professeur émérite à l’université Paris-X ; Françoise Balibar, professeur émérite à Paris-VII ; Daniel Bensaïd, professeur de philosophie à Paris-VIII ; Luc Boltanski, directeur d’études à l’EHESS ; Dominique Cabrera,cinéaste ; Alex Callinicos, professeur d’études européennes, King’s College, Londres ;Michel Onfray, philosophe, université populaire de Caen ; Roland Pfefferkorn, professeur de sociologie, université Marc-Bloch-Strasbourg-II ;lavoj Zizek, chercheur à l’International Center for Humanities, université de Londres.
Quotidien LIBERATION : vendredi 16 novembre 2007
Voir l’ensemble des signatures sur Libération.fr
« Les grèves de 1995, les mobilisations sociales de 2003, le non de 2005 au traité constitutionnel européen ont contribué à freiner en France la contre-réforme libérale qui l’a emporté partout en Europe. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy et son gouvernement veulent faire de la grève des cheminots et du mouvement dans les universités un test. S’ils parviennent à les briser, ils espèrent avoir les mains libres pour faire passer au pas de charge le train de réformes annoncé sur le droit du travail, sur le système de santé, sur la protection sociale. Ils engagent pour cela une bataille d’opinion visant à diviser et à opposer ceux qui se lèvent tôt à ceux qui sont supposés se prélasser sur le mol oreiller de l’assistanat, le secteur privé au secteur public, les méritants aux récalcitrants, les étudiants studieux aux insoumis.
C’est pourquoi l’offensive gouvernementale commence par la remise en cause des régimes dits spéciaux, présentés comme un privilège contraire à l’égalité, mais elle se poursuivra par l’augmentation pour toutes et tous de l’âge de la retraite, par la privatisation des services de santé et des assurances contre la maladie et la vieillesse, au détriment de la protection sociale par répartition.
Les cheminots ne luttent pas seulement pour défendre un droit à la retraite obtenu à la Libération en raison de la pénibilité de leur travail. Ils luttent aussi, comme les employés du métro, les postiers, les électriciens, les personnels de santé, les enseignants, pour défendre ce qui reste de service public contre la concurrence débridée de tous contre tous. La double défense de la solidarité sociale et des conditions de l’autonomie de chaque individu passe au contraire par un partage du temps de travail sans perte de salaire, par le maintien du droit d’accès à la retraite égal dans le privé et le public, tenant compte de la pénibilité du travail, par un retour aux 37,5 annuités pour tous.
En soutenant les mobilisations des salariés, la communauté universitaire ne fait pas seulement acte de solidarité. La loi mal nommée d’autonomie des universités ne les soustrait aux tutelles étatiques que pour mieux faire croître parallèlement l’arbitraire bureaucratique et féodal de présidents d’université imitant le management des entreprises privées, et la dépendance à l’égard des marchés. Elle amorce une logique de démantèlement de l’enseignement supérieur public, d’augmentation des droits d’inscription des étudiants, de fragmentation du corps enseignant, de subordination aux lois de la concurrence et aux caprices du marché du travail. Elle affaiblit le droit à l’étude et l’espace public d’éducation. Tels sont les enjeux de la bataille sociale engagée.
C’est pourquoi non seulement nous nous déclarons solidaires de la grève des cheminots et des universités en lutte, et manifesterons à leur côté, mais nous participerons à une mobilisation d’ensemble et à une convergence de ces luttes pour la journée de grèves du 20 novembre dans la fonction publique et au-delà. »
Réformer pour mettre au pas :
http://www.dailymotion.com/video/x3fgh7_universites-le-grand-soir-1
Collectif contre la LRU *
Grévistes contre «usagers pris en otages», «corporatismes» contre «intérêt général», «privilégiés» contre «travailleurs méritants». Etudiants e enseignants à l’université, directement confrontés aux conséquences de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), nous sommes convaincus de la nécessité de transformer l’université.
En tant que chercheurs en sciences sociales, nous estimons que cette présentation politico-médiatique des mouvements sociaux actuels masque la question centrale qu’ils nous posent : celle de la place des services publics dans notre société. Déjà présentes en 1995, ces préoccupations n’ont pas trouvé de réponse politique. L’invocation rituelle de la «modernisation», de l'«autonomie», de la «gouvernance», et les mesures apparemment techniques qui sont menées au nom de ces mots d’ordre empêchent le nécessaire débat sur la finalité des réformes en cours. Loin d’être une nouvelle poussée de l’éternelle rébellion de la jeunesse, la mobilisation des étudiants a ceci d’original qu’il s’agit d’un mouvement porté par les usagers du service public eux-mêmes. Par leurs revendications, les étudiants mettent le doigt sur les ambiguïtés de l’autonomie ainsi proclamée par la loi. Sera-t-elle plus autonome cette université qui devra compter sur les fonds privés plutôt que le financement par l’impôt, garant de la solidarité nationale ? Seront-ils plus autonomes ces étudiants qui devront bientôt s’acquitter de droits d’inscription plus élevés ? Seront-ils plus autonomes ces enseignants-chercheurs dont le recrutement et les activités pédagogiques et scientifiques seront davantage contrôlés par leur hiérarchie administrative et par les financeurs ? Et ces personnels administratifs et techniques menacés par l’externalisation de leurs activités ? En place d’autonomie, c’est plutôt une forte hétéronomie que promeut la loi LRU en resserrant les pouvoirs dans les mains de quelques mandarins, chefs d’entreprise ou notables.
Finalement, en interpellant le gouvernement sur la question du financement, du fonctionnement et des missions de l’université, les étudiants – dont la LRU réduit la représentation dans les conseils d’administration –, refusent de laisser la définition du service public d’enseignement à quelques experts ou hauts fonctionnaires. C’est aussi la question de la place du service public qui est en cause dans les grèves contre la réforme des régimes spéciaux. Ces métiers au contact du public remplissent une mission spécifique : leur contribution à la cohésion sociale a longtemps eu pour contrepartie la reconnaissance, statutaire si ce n’est pécuniaire, des agents publics. Beaucoup de travaux récents, sur les postiers ou les conducteurs de bus par exemple, ont montré que les mesures de libéralisation avaient non seulement détérioré les conditions de travail et d’emploi de ces salariés mais qu’elles avaient aussi remis en cause leur honorabilité. Au centre des changements qui travaillent notre société, ces agents doivent affronter les logiques de concurrence et de rentabilité tout en étant confrontés aux inégalités et aux souffrances sociales.
C’est l’enseignant face aux enfants de la démocratisation scolaire menacés par la déstructuration du marché du travail, ou encore le cheminot face aux fermetures de lignes
régionales et aux territoires relégués. Ne pas dégrader les conditions de travail et d’emploi de ces agents, c’est renouveler la confiance de la société à leur endroit, c’est aussi reconnaître
que certaines activités doivent échapper aux seules logiques marchandes. La mise en scène spectaculaire des différentes réformes des services publics empêche de les penser dans leur globalité.
Plutôt que d’envisager les services publics au seul prisme des supposés privilèges des fonctionnaires et des coûts qu’ils génèrent, ces réformes doivent être pensées dans leurs dimensions
sociales et politiques. Cela nous apparaît comme la condition pour sortir de l’alternative entre l’immobilisme, rejeté par les personnels et les usagers eux-mêmes, et le démantèlement des
services publics.
* Appel lancé par le collectif contre la LRU du campus Jourdan (Ecole normale supérieure-EHESS-Ecole d’économie de Paris) : Christian Baudelot, sociologue, professeur émérite à l’Ecole normale supérieure Stéphane Beaud, sociologue, professeur à l’Ecole normale supérieure Florence Weber, sociologue, professeur à l’Ecole normale supérieure, Jérôme Bourdieu et Muriel Roger, économistes, Inra et Ecole d’économie de Paris Bruno Amable, économiste, professeur à l’université Paris-I Dominique Lévy, économiste, directeur de recherche au CNRS, Ecole d’économie de Paris, etc. A l’initiative du collectif contre la LRU du campus Jourdan (Ecole normale supérieure/EHESS/Ecole d’économie de Paris), paru dans le quotidien Libération du 21 novembre 2007.
(21 novembre 2007)
11/12/07
NOUVELOBS.COM | 11.12.2007 | 10:06
Une nouvelle journée de manifestations est prévue mardi 11 décembre, à l'appel de la coordination nationale étudiante. Cette dernière souhaite inscrire la mobilisation
contre la loi Pécresse "dans la durée", en appelant chaque université à "trouver les modalités de lutte les plus en phase avec la réalité locale", après les réunions du week-end à Nice. Tout en
assurant que "la lutte contre la LRU continue dans les universités et les lycées", la coordination reconnaît dans un communiqué que la mobilisation entre "dans une nouvelle phase du mouvement :
une lutte sur la durée".
Reprise des cours
Alors que les cours avaient repris la semaine dernières dans de nombreuses universités jusqu'alors perturbées par la contestation étudiante, la coordination estime que "chaque fac doit trouver
les modalités de lutte les plus en phase avec la réalité locale". Elle considère que "le blocage est le moyen le plus efficace". La coordination appelle à trois journées de manifestation mardi
11, jeudi 13 et samedi 15 décembre et assure que "plus de la majorité des universités, et de plus en plus de lycées sont toujours en lutte". Une centaine d'étudiants délégués par 23 universités
avaient rallié Nice le week-end dernier, selon la coordination. Cette dernière a réitéré ses critiques des "prétendues avancées" du gouvernement qui "ne répondent en rien à [nos] revendications"
et de la "répression sans précédent" qui, selon elle, touche les étudiants mobilisés.
Levée de blocages
Les étudiants du pôle Droits et lettres de l'université de Reims ont voté lundi la levée du blocage de leur campus paralysé depuis le 16 novembre, tout comme ceux des facultés de Sciences et de
Lettres et Sciences humaines de Nantes. En revanche, la fac de lettres d'Aix a de nouveau été bloquée lundi, et l'université de Lettres et Sciences humaines de Montpellier une nouvelle fois
fermée administrativement lundi matin, après avoir brièvement rouvert ses portes. L'université de Provence a quant à elle décidé d'organiser mardi une consultation de tous les étudiants, sur la
suite du mouvement qui perturbe les cours depuis plus de quatre semaines. Une dizaine d'universités (Angers, Aix-Marseille I, Grenoble III, Lille III, Montpellier III, Orléans, Pau, Poitiers,
Reims, Amiens et Nice) étaient encore touchées par le mouvement en fin de semaine dernière.
Samizsat.net
À l’appel du collectif « Sauvons l’Université ! » (SLU), l’assemblée générale inter-universitaire du 8 décembre a rassemblé plus de 250 personnes [1] dans les locaux de Paris 7 : c’est un succès qui témoigne de la mobilisation et de l’attente des personnels de l’université.
Le collectif SLU a rappelé tout d’abord qu’il a travaillé depuis le début en complémentarité avec Sauvons la Recherche (SLR) et avec les syndicats. Cette convergence a abouti à la journée d’action unitaire du jeudi 6 décembre contre la loi LRU et à l’entrevue entre le directeur de cabinet de Valérie Pécresse et une délégation composée de représentants de l’intersyndicale et des 2 collectifs pour la remise d’un mémorandum en 10 points (voir compte rendu). Des débats animés se sont engagés et focalisés sur deux points : l’organisation du mouvement des personnels mobilisés, les modalités d’actions.
> L’AG a voté, à l’initiative de certains personnels en grève de Paris 3 et Paris 10 (entre autres), en faveur d’une Coordination nationale des personnels mobilisés. Cette coordination comprendra de 1 à 3 représentant.es par établissement (si possible avec représentation des enseignant.es chercheur.es, personnels administratifs et techniques et doctorant.es). La première réunion de la coordination se tiendra samedi 15 décembre dans les locaux de Paris III. Les détails pratiques de l’organisation de cette coordination seront disponibles sur la liste coord-u(arobase)ras.eu.org. Pour s’inscrire à cette liste : coord-univ-request(arobase)ras.eu.org.
> Tout en se félicitant de la création de cette coordination, le collectif SLU a de son côté appelé à la mise en place de structures plus souples, sous forme de comités locaux du mouvement SLU – certains existent déjà – afin d’amplifier sur chaque campus la mobilisation, et de créer des espaces de réflexion sur les contre-propositions à la loi.
^ L’AG a insisté sur le caractère non concurrentiel de la coordination et des mouvements (SLU, SLR, syndicats), qui tous conservent naturellement leur autonomie. SLU entend en particulier enrichir son site de toutes les réflexions et propositions d’actions des collègues syndiqués ou non, membres de la coordination nationale ou non. Pour adresser des informations et suggestions : postmaster(arobase)sauvonsluniversite.com.
Un certain nombre de propositions d’actions ont été approuvées par l’AG : qu’elles soient comprises comme autant de possibilités devant être déclinées selon les situations locales.
> Mise en place d’un vote interne dans chaque université à l’attention de tous les personnels sur la question : « Etes-vous pour ou contre l’application de la loi LRU » ?
> Actions relevant de la « grève du zèle », c’est-à-dire d’une application scrupuleuse de nos charges. Exemples : demande systématique des textes de lois nous obligeant ou nous autorisant à faire telle ou telle démarche ; envoi systématique de nos relevés de notes en recommandé au seul rectorat pour accord. En arguant du fait que dans la nouvelle loi, la note servant non seulement à évaluer le travail d’un étudiant, mais à mesurer les taux de réussite des universités et par là même à décider du montant des financements accordés, la décision échappe en grande part à la compétence du seul enseignant.
> Action à construire en collaboration avec SLR, praticien de la démarche : inviter à une démission collective des directeurs d’UFR et d’équipes de recherche.
> Faire en sorte que les C.A. ne votent pas les nouveaux statuts, quand c’est encore possible.
> Concernant l’évaluation des laboratoires en cours : relayer nationalement par une lettre aux experts de l’AERES [2] pour expliquer notre désaccord avec les critères d’évaluation (car ces critères seront importants dans la modulation des services).
> Concernant les maquettes LMD, établir une action au niveau national contre la destruction des formations disciplinaires et la mise en place d’enseignements professionnalisants au rabais.
> Actions médiatiques multiples :
Propositions du SNESUP :
> D’autres
propositions d’actions et de mobilisations seront recueillies et diffusées régulièrement sur le site de SLU.
En conclusion, l’A.G. appelle les collègues à poursuivre et à étendre leur mobilisation, y compris sous des formes nouvelles, et exprime le voeu que SLU continue son travail en liaison avec SLR, les syndicats et la nouvelle Coordination nationale.
Source ou site Web en rapport : Sauvons l’université - http://www.sauvonsluniversite.com
[1] Les présent.es provenaient des établissements et organisations suivants : Université Aix-Marseille 1, Université d’Amiens, Université de Besançon, Université Bordeaux 3, Université de Brest, Université de Caen, Université de Cergy Pontoise, Université de Dijon, Université Grenoble 3, Université Lille 3, Université Lyon 1, Université de Marne la Vallée, Université Montpellier 3, Université d’Orléans, Université Paris 1, Université Paris 3, Université Paris 4, Université Paris 5, Université Paris 6, Université Paris 7, Université Paris 8, Université Paris 9, Université Paris 10, Université Paris 11, Université Paris 13, Université de Poitiers, Université de Reims, Université de Rouen, Université de Toulouse Le Mirail, Université de Tours, Université de Versailles St Quentin, CNAM Paris, CNRS, ENS, ENS-LSH, ENSAD, INALCO, SNESUP. Etaient présentes à l’AG des personnes mandatés par : l’UFR Lettres et l’UFR de l’Université de Poitiers, l’UFR Lettres-Sciences Humaines et l’UFR Psychologie de l’université de Rouen, l’Université de Tours, l’Université de Lille III, le Collectif des personnels et Intersyndicale (CGT, FSU, SUD) de l’Université de Caen.
[2] AERES : Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (http://www.aeres-evaluation.fr).
Publié par Rhizome
Mise en ligne le mardi 11 décembre 2007 à 11:47
Libération
VÉRONIQUE SOULÉ
QUOTIDIEN : lundi 10 décembre 2007
Valérie Pécresse, 40 ans, est désormais l’une des personnalités en vue du gouvernement de François Fillon. Face à la contestation étudiante, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a tenu bon. Le mouvement, lancé fin octobre, marque le pas. Elle n’a pourtant rien lâché sur la loi libertés et responsabilités des universités (LRU), dénoncée comme une «privatisation» déguisée et présentée par Fillon comme «la réforme plus importante de la législature». Courant de plateaux télé en studios radio, l’ancienne porte-parole de l’UMP a répété que l’on ne revenait pas sur une loi dûment négociée et votée, le 10 août, par le Parlement. Vendredi, sa journée commençait sur le même refrain.
8 h 15 Dans la nuit, la voiture ministérielle s’arrête devant le siège de Radio Classique. Etole rose pâle sur un imper en cuir bordeaux, Valérie Pécresse, qui habite toujours Versailles avec sa famille, s’engouffre dans le hall d’immeuble. «Vous êtes attendue ?» lui demande-t-on à l’accueil. Elle confirme, amusée. «Peut-on parler d’une crise finissante ?» lui demande l’intervieweur. «Le mouvement s’éteint mais de façon lente», répond-elle, prudente. «Qu’avez-vous lâché ?» «Nous n’avons pas reculé.» C’était la ligne rouge : on ne touche pas à la loi, elle fait partie des réformes promises par Nicolas Sarkozy, vitales pour moderniser le pays. Seul le reste est négociable…
L’un des journalistes de la radio, une connaissance sans plus, l’embrasse pour lui dire au revoir. Valérie Pécresse, blonde et avenante, paraît tellement nature qu’on croit vite la connaître. Dans Paris Match, où elle a posé allant au marché avec son mari, elle a calé son personnage : celui d’une femme-proche-moderne-normale qui ne s’habille pas haute couture (façon Rachida Dati) et refuse de poser avec ses trois enfants (comme le ministre de l’Education, Xavier Darcos, avec son petit dernier). Personnage léger mais qui ne lâche rien, dans le moule de l’inflexibilité sarkozienne. «Tu gères, tu nous tiens au courant», lui a-t-il enjoint quand la colère a grondé. «La loi avait été dûment négociée avec les syndicats mais on s’attendait à ce que ça bouge, confie-t-elle. Besancenot nous avait avertis d’un troisième tour.»
9 h 45 Inauguration d’un colloque organisé par la nouvelle Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, l’Aeres, dans les locaux du ministère. Valérie Pécresse évoque Pierre Bourdieu - contre Jaurès, Blum ou Bloch, pour Sarkozy : «Les inégalités les plus profondes sont celles que l’on croit innées alors qu’elles sont acquises.»
10 h 55 Visite d’un laboratoire de recherche sur les maladies rares à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière pour saluer, à quelques heures du lancement du Téléthon, les avancées faites grâce aux dons. La directrice du labo explique que l’on progresse, entre autres, dans la greffe d’un muscle sain sur un autre atteint. Devant son microscope, une femme se plaint d’avoir un emploi précaire. «Justement, la loi LRU est pour vous, lui répond ravie Valérie Pécresse, vous pourrez avoir un CDI, puis au bout de six ans demander votre nomination.»
La ministre partie, une chercheuse explique l’inquiétude du personnel : «Je pars bientôt à la retraite et j’aimerais passer la main à quelqu’un, mais ça n’est pas possible : nous avons des thésards ou des contractuels, on les forme puis ils partent.» Elle redoute que les fonds privés, encouragés par la nouvelle loi, remplacent peu à peu l’Etat : «Les recherches qui ne sont pas porteuses pourraient alors être abandonnées.» Des craintes, également formulées par les étudiants, que la ministre balaie : «C’est faux, les universités pourront répartir comme elles veulent les fonds privés collectés.»
13 heures Jean Fabbri, le secrétaire général du Snesup, principal syndicat des enseignants du supérieur, sort en colère de son entretien avec la ministre : «Elle sait tout sur tout, à chaque fois elle vante ses mesures. Nous n’avons plus qu’à poursuivre la lutte.» Un dialogue de sourds durant lequel la ministre est restée de marbre. «Il a parlé d’un moratoire sur la loi et croyait avoir fait un geste en ne demandant plus l’abrogation, mais la loi je ne peux pas la suspendre», explique-t-elle.
Pour cette raison, elle ne rencontre pas la coordination nationale étudiante (qui réunit les délégués élus lors des AG dans les facs, syndicalistes de SUD, militants d’extrême gauche et non affiliés) qui réclame «l’abrogation sans négociation». A quoi bon ? Elle a déjà participé à des débats avec eux. Chaque fois ils refusent de lui serrer la main. L’un d’eux lui a même dit qu’il lui enverrait bien quelques pavés. Elle dit avoir la «hantise» d’un incident qui dégénère, provoqué par «une minorité ultraviolente»- des trotskistes, souvent, selon elle -, et non pas par les forces de l’ordre, qui ont pour consigne d’éviter l’escalade. Elle est convaincue que les conditions de vie des étudiants sont au cœur du malaise actuel, d’où ses annonces (une hausse des bourses, des crédits pour le logement).
13h45 La délégation du syndicat Unsa Education qui vient d’être reçue sort contente : le contact a été bon, la ministre ouverte. Et pour cause : l’Unsa ne demande pas l’abrogation de la loi LRU, mais «souhaite des modifications», notamment pour limiter le recours aux contractuels. «Ce qui nous intéresse surtout, c’est la question des carrières», explique Patrick Gonthier, secrétaire général de l’Unsa, satisfait d’annoncer que le «chantier» sur les carrières s’ouvrira le 18 décembre.
Le 13, il y aura eu déjà l’annonce du plan «Réussite en licence», destiné à lutter contre l’échec lors des premières années à la fac. Officiellement, la ministre «accélère» ces chantiers pour apaiser les craintes. En réalité, elle ne fait que rattraper le retard pris à cause de la crise étudiante. Simple question d’affichage.
15 h 25 Départ pour le Sénat, qui consacre une ultime séance au budget de l’Enseignement supérieur avant le vote. Dans la voiture, mise au point avec sa jeune conseillère des réponses aux derniers amendements proposés. Devant une dizaine de sénateurs, elle vante les efforts financiers «sans précédent» de l’Etat : «Il n’y a pas une seule suppression de poste. Les universités vont recevoir des budgets en hausse de 10 à 20 %.»
Puis elle commet une bourde. Pressée d’en finir après les interventions des sénateurs de gauche hostiles à son budget, elle expédie ses commentaires en cinq minutes. Les sénateurs sont outrés. Bardée de diplômes - l’ENA, HEC -, bosseuse et sûre d’elle, la ministre, vexée d’être prise en défaut, doit s’excuser.
Retour au ministère : le point sur les mobilisations dans les facs. La conseillère rayonne, le reflux se confirme : il n’y a plus que onze sites perturbés, alors qu’au plus fort de la crise il y en avait une cinquantaine. «Et à Amiens, où il y a eu un problème, à Toulouse, Perpignan ?» interroge Valérie Pécresse. Ce jour-là, il n’y aura pas besoin de téléphoner au Président, ou au Premier ministre, pour rendre compte de la situation.
19 h 40 Départ pour la Mutualité, où la candidate à la mairie de Paris et tête de liste UMP dans le XVIIe, Françoise de Panafieu, tient une réunion. Un rajout au programme de dernière minute. «Ça fait longtemps que je n’ai pas fait de politique, ce sera amusant de tester un peu ma popularité.» La ministre aime les figures obligées du métier : discuter, expliquer, convaincre, mais aussi serrer des mains, fendre la foule, parler à des anonymes.
Direct et offensif, son style a fait mouche. Elle a su habilement jouer des divisions étudiantes. Dénonçant les «bloqueurs» et autres gauchistes qui empêchent la majorité de travailler, elle a négocié avec les modérés de l’Unef, le principal syndicat étudiant, d’autant plus pressé de sortir du mouvement que son président, Bruno Julliard, se lance en politique (pour les municipales à Paris). Elle s’est assuré le soutien des présidents d’université, favorables à la loi qui renforce leur pouvoir. Enfin, elle a pu compter sur les parlementaires UMP, qu’elle a côtoyés comme députée des Yvelines.
Ses collègues du gouvernement, eux, n’ont pas toujours été tendres, certains lui reprochant d’avoir été absente au début de la crise, d’autres la jugeant trop présente dans les médias, d’autres encore regrettant que sa loi soit trop tiède. En tout cas, elle a déjà tiré deux leçons de la crise : «Les réformes doivent être très accompagnées, il y a des peurs à lever, ensuite il y a un grand appétit d’expression démocratique, plus que je ne le pensais.»
20 h 20 Il pleut des cordes, départ pour Versailles. Valérie Pécresse ouvre la portière arrière de la voiture :«Regardez avec quoi je repars.» Un carton rempli de dossiers est posé sur la banquette, afin qu’elle puisse travailler durant le trajet tout en surveillant ses textos. Nicolas Sarkozy veut des ministres «qui se bougent». Valérie Pécresse est vraiment une bonne élève.
10/12/07Libération
Loi Pécresse : «Sud-étudiant fera tout pour que le mouvement reparte après les partiels»
Kamel Tafer, militant de Sud-étudiant et ex-porte-parole de la coordination nationale étudiante, espère un «rebondissement» du mouvement contre la loi LRU et dénonce la position de l’Unef. Entretien.
François VIGNAL
LIBERATION.FR : lundi 10 décembre 2007
Militant du syndicat Sud-étudiant – très présent depuis le début du mouvement contre la loi sur l’autonomie des universités – et ex-porte-parole de la coordination nationale étudiante lors de sa première semaine d’existence, Kamel Tafer espère que la mobilisation étudiante, aidée par celle des enseignants-chercheurs, trouvera un «second souffle» après les partiels de janvier.
La coordination nationale étudiante, qui s’est réunie ce week-end à Nice, estime que la mobilisation entre «dans une nouvelle phase du mouvement : une lutte dans la durée». N’est-ce pas
implicitement un constat d’échec ?
Non, pas du tout. La coordination nationale prend en compte le fait qu’il y a un peu moins de facs mobilisées aujourd’hui, notamment parce que les partiels et les vacances de Noël arrivent et
parce que les médias parlent très peu du mouvement. Cela rend le contexte beaucoup plus difficile. Mais c’est tout sauf une ligne de résignation ou de démobilisation. Inscrire la lutte dans la
durée, c’est se donner le moyen d’un second souffle, d’un rebondissement. Les enseignants-chercheurs qui se mobilisent de plus en plus, comme ceux du collectif Sauvons l’université, pourront nous y aider.
La mobilisation a-t-elle pâti de l’approche des examens ?
C’est sûr. Chez tous les étudiants, ça compte, y compris les étudiants mobilisés. Les partiels sont dans la tête de tout le monde. Ça a joué dans la démobilisation, plus que les négociations de
l’Unef avec Valérie Pécresse. Mais nous sommes d’autant plus confiants pour la suite du fait de la mobilisation des enseignants. S’ils ne font pas cours, la question des examens ne pose plus
problème. En tout cas, à Sud-etudiant, on fera tout pour que ça reparte sur les mêmes bases après les partiels.
Pourquoi les annonces faites par Valérie Pécresse à l’Unef sont-elles insuffisantes pour vous ?
Elles le sont car l’Unef n’a pas négocié sur la loi LRU, mais sur autre chose : des crédits supplémentaires pour l’université et les bourses, une pseudo mission sur le cadre national des diplômes
qui ne garantit rien, car ce n’est pas une loi. Comme l’Unef n’a pas négocié sur la loi elle-même, la loi s’appliquera dans toutes ses modalités, comme le dit Valérie Pécresse. C’est pour cela
qu’il faut continuer la mobilisation. Sur les crédits supplémentaires, la vente de 5 milliards d’actions EDF nous pose problème sur le fond. Surtout, en vendant ces actions, ça n'a pas rapporté
l’argent promis. C’est une preuve qu’entre les engagements et les déblocages de crédits, il y a un grand écart.
Selon Valérie Pécresse, les risques de privatisation sont une «fausse peur». Pourquoi les fondations, qui permettront le financement privé des universités, sont-elles dangereuses selon
vous ?
Pour nous, la loi Précresse est le cheval de Troie de la privatisation rampante de l’université. Elle introduit des éléments dangereux comme la place grandissante des entreprises dans le conseil
d’administration des universités, le fait que les entreprises financeront l'université et donc influenceront le contenu des cours. Cette privatisation n’est pas pour demain, mais pour les années
à venir. C’est un modèle d’université à l’anglo-saxone qui s’installe.
Samizsat.net
« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. »
(Bertolt Brecht)
Autonomie, le mot est lâché. Depuis le 10 août 2007, nos universités sont sous le régime hyperprésidentiel de l’autonomie. Il a fallu un mois pour qu’on réagisse et qu’on comprenne vraiment les enjeux réels de ce qui nous était présenté comme un gain de liberté pour nos campus par rapport au pouvoir central. Les syndicats s’organisent, les étudiants se mobilisent, on parle de privatisation, de perte de représentativité des étudiants et personnels dans les conseils, d’omniprésence progressive des chefs d’entreprises, de fermeture de filières et d’augmentation des frais d’inscription. Tout ça semble compliqué, mais les Assemblées Générales s’enchaînent pour lister les ravages qu’implique cette loi. Certains lisent le texte de lois, d’autres se contentent d’en lire les analyses, beaucoup font confiance aux discours et une minorité s’intéresse au contexte législatif de cette loi qui semble s’inscrire dangereusement dans une logique globale de mise en concurrence et de privatisation des services publics.
Très vite, on ressort les méthodes d’organisation mises en place lors de la lutte contre le CPE et des règlements d’Assemblée Générale sont votés, des bureaux avec un président, deux secrétaires et deux modérateurs sont constitués, des commissions sont instaurées. Mais il faudra attendre la semaine fatidique du 6 novembre pour que les chaises et les tables se transforment à nouveaux en matériel de construction et que derrière toutes les portes de nos facs s’érigent des barrages infranchissables et gardés. C’est grâce à ce dispositif que seront possibles les débats animés qui partout monteront durant plusieurs semaines des amphis occupés.
Les premières AG rassemblent des centaines de personnes qui viennent pour s’inquiéter, chacun à sa manière, de la poursuite des études. Un clivage sépare ceux qui revendiquent leur « droit d’étudier » et ceux qui lui préfèrent le « droit à l’éducation. » La nuance est subtile, mais la différence est visible : il y a ceux qui voient dans l’avenir et ceux qui veulent avant tout voir se finir sans dommage l’année commencée. On entend s’exprimer l’individualisme des uns, l’inquiétude des autres. Mais parfois les deux se mélangent, alors un grand nombre d’étudiants perdent leurs repères : qui croire ? Où sont les gentils et où sont les méchants ? Les altercations entre partisans du blocage, anti-bloqueurs, pro-LRU, anti-autonomie, sortent du débat d’idées pour entrer dans celui de l’appartenance sociale. Si on écoute les discussions, il y aurait d’un côté des bourgeois pétris de confort, de l’autre des anarchistes fainéants et indisciplinés. Mais à force d’AG et de débats houleux, on s’aperçoit que la chose n’est pas si simple et qu’on a avant tout à faire à un clivage entre « ceux qui font confiance aux politiques » et « ceux qui savent qu’on se fout d’eux », entre « ceux qui se plient » et « ceux qui se révoltent », mais aussi entre « ceux qui s’informent » et « ceux qui s’en fichent. »
Ce sont finalement les bloqueurs qui l’emportent pendant plusieurs semaines, alternant les initiatives, les actions et les manifestations, pour se faire voir et se faire entendre. Mais les médias ne suivent pas. Souvent la télévision montre les bloqueurs comme de dangereux extrémistes, on voudrait faire croire aux spectateurs de la société que ces votes majoritaires sont le fait d’une minorité intolérante. Les articles s’enchaînent et se focalisent sur le mécontentement des « usagers en galère », les mêmes qu’on interroge sur les quais des gares pour montrer que la grève, qu’elle vienne des cheminots ou des étudiants, est une chose innommable qui gêne le consommateur et porte atteinte à l’ordre public. Les journalistes ont les mains liées par leurs rédactions, par ce qu’ils appellent la « ligne éditoriale », et ne semblent pas s’alerter de cette nouvelle forme de censure : ce qu’on montre des grèves, c’est ce que les autorités voudraient que la population en pense. Les étudiants réagissent vite, votent l’exclusion des médias et quand la coordination nationale se réunit chaque week-end dans une ville de France, les journalistes sont relégués avec humour dans des zones entourées de barbelés dessinés à la craie ou dans des salles de quarantaine. La réplique est facile, les étudiants mobilisés sont des dictateurs et désormais tous les qualificatifs sont possibles : khmers rouges, terroristes...
Et puisqu’ils sont des criminels, on mobilise contre eux les Brigades Anti-Criminalité, on déploie les CRS. Rien n’empêche plus les caméras de montrer la police attaquer avec violence les étudiants. Les spectateurs s’en réjouissent, applaudissent cette violence légale. On est choqué. La société a-t-elle perdue toutes ses valeurs ? Tout est-il possible ? Oui, définitivement oui. Les coups de matraques pleuvent, le gaz est projeté à la face des gens jusque dans les rues commerçantes où des centaines de gens non impliqués, de tous âges, en prennent dans les poumons et dans les yeux (Rue de Béthune à Lille le jeudi 6 décembre). Rien ne les empêche de frapper à hauteur du visage. A Nantes un étudiant reçoit un projectile de flash-ball à deux centimètres de l’oeil et manque de le perdre (27 novembre). Beaucoup d’autres subissent des points de suture au front, à l’arcade, aux tempes. Ailleurs on voit un président d’IEP attaquer ses étudiants à coups de poubelle métallique (Grenoble le 29 novembre) ou des CRS charger des lycéens avec une violence sans égale (Lycée Pasteur le 29 novembre). Tout le monde se pose la question et en connaît secrètement la réponse : un pays qui laisse la police frapper ses lycéens mineurs et ses étudiants est-il en bonne santé ?
Mais la lutte continue et les incidents n’ont pas pour effet de calmer la mobilisation, mais plutôt de radicaliser ceux qui étaient les plus concernés, les plus conscients des risques qu’implique cette loi. Ca et là fleurissent les manifestations sauvages, les occupations de locaux institutionnels, les actions matinales et insolentes. On se soucie désormais plus tant de ce que bavent les journalistes, mais plutôt du prix qu’a l’avenir, de ce que vaut la révolte. On sait qu’elle est légitime, mais on ne veut pas qu’elle soit anéantie parce que le rapport de force est beaucoup trop désavantageux. Alors on accepte les votes administratifs qui désincarnent la lutte, on sollicite les médias pour des communiqués explicatifs, on reprend le temps d’expliquer pédagogiquement ses revendications... On contacte les autres secteurs en lutte, on se rend dans les AG interprofessionnelles où se réunissent de façon sporadique les représentants de syndicats professionnels. On clarifie ses revendications. A Lille, on donne vie à une double plateforme de doléances.
La première fait état de ce que l’on refuse :
La seconde fait état de ce que l’on demande :
Finalement tout semble très difficile, la fatigue monte, les bloqueurs quittent les barrages. On déplore la faible participation des enseignants qui se disent pourtant solidaires, on les accuse de ne pas avoir de conscience, d’être des socialo mous. Pourtant, dans certains endroits l’activité militante persiste, comme à Lille où le campus de lettres de Lille3 s’accroche à son blocage et continue à faire tourner ses commissions. Avec les facs voisines on continue de crier sa colère et on ne cède pas au fatalisme. La lutte aura-t-elle un avenir ? Dans les esprits résonne la réponse : la police nous le dira. Oui, car en définitive, ce qu’on retire de cette lutte, c’est que le pouvoir est devenu autoritaire, qu’il n’écoute pas et n’entend pas, qu’il fait parler les matraques au préalable de toute tentative de dialogue...
Enous
Reportage publié sur le site Contre-faits :
http://www.contre-faits.org/spip.ph...
Source ou site Web en rapport : Contre-faits - http://www.contre-faits.org/
Mise en ligne le lundi 10 décembre 2007 à 08:52
11h00, les CRS entrent sur le campus bloquent l'entrée de l'amphi où l'AG était prévue. 200 étudiants sont restés face aux CRS et la tension est montée, finalement selon l'AFP quelques uns on tenté de forcer le passage entre les boucliers des CRS qui les ont arrosés de gaz lacrymogènes. Finalement les étudiants sont revenus en brandissant des livres sous le nez des CRS appuyant leur geste par les slogans: "Des bouquins, pas des matraques!", "la police hors des facs". Selon le témoignage d'un étudiant très engagé cela ne s'est pas passé comme l'AFP le prétend: Une centaine de membre de la police nationale et de la gendarmerie mobile (unité de prévention) charge et gaze les étudiants grévistes à hauteur des bâtiments A et B. Tout cela sous les applaudissements de la direction de l’université et des réactionnaires. Face à la résistance et au nombre des étudiants (300 environs) aucune interpellation ne fut effectuée. L'AFP ne dit pas non plus qu'une AG a tout de même eu lieu (environ 1500 étudiants) avec une force présence des militants UMP. Ces derniers ont eu comme consigne de venir en force sur Nanterre pour voter contre le blocage. Le blocage est finalement reconduit par 900 voix contre 500.
http://grenoble.indymedia.org/index.php?page=article&filtre=1&droiteA=1&numpageA=1&id=5734 http://grenoble.indymedia.org/index.php?page=article&filtre=1&droiteA=1&numpageA=1&id=5736
arrestations après la manif Censier: coup de feu sur un étudiant bloqueur
coup de force à Clignancourt Gardes mobiles à Tolbiac: des blessés et cinq arrestations
évacuation des lycées de Caen
La répression ne fait que renforcer la détermination des étudiants ! M. Pitte, président de Paris IV (cf notre dossier sur ce sinistre personnage : http://oxygenefse.free.fr/jour/octobre2006/dossier-pitt...e.pdf), fait appel systématiquement aux forces de l’ordre contre les grévistes. A Clignancourt, et désormais à Malesherbes dont l’AG étudiante a voté mardi 27 novembre la grève avec blocage.
video: http://anartoka.magnify.net/item/CY2LZ6HTMMQ1QJS5
Vidéo : http://www.dailymotion.com/search/nanterre/video/x3my8q_passage-en-force_events
Video: http://www.dailymotion.com/video/x3pz5k_evacuation-upv-10-decembre-2007_news
Intervention des CRS pour évacuer l'UFR de lettres. Charge vers l'intérieur de la BU, 3 arrestations, usage du gaz et des matraques + utilisation du taser à confirmer... Pendant la nuit, des CRS sont restés dans le parking, en sous-sol.
Video:[[1]]
Communiqué de SLU Lille 3
Communiqué de la CNT
Communiqué SUD
Vidéo : http://lru-montp3.blogspot.com/2007/12/police-luniversit.html
Communiqué de Sud sur les violences pendant le référendum
14h : rassemblement étudiants, personnels, enseignants pour demander la fin de la présence policière. Les étudiants ont constitué des barricades. Une page web http://twk.lacrymale.info/2007/12/15/deblocage-facon-crs-a-lille-3/ avec témoignage et article de 20minutes. Des enseignants et étudiants arts et culture de lille 3 contre la répression.
Communiqué de l'AG de Tours: Tous unis contre la répression
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